Archives mensuelles : janvier 2017

Lesbiennes dans la Hongrie communiste: Projection-débat « Les Années secrètes » (Eltitkolt évek) de Mária Takács en présence de la réalisatrice le 2 février (Paris)

Jeudi 2 février 2017 à 20h au cinéma LUMINOR Hôtel de Ville (Paris)
En présence de la réalisatrice

 

annees secretes

 

Dans ce documentaire unique, des lesbiennes hongroises partagent avec la réalisatrice Mária Takács leurs histoires d’amour à l’époque communiste.
Les histoires qui y sont relatées parlent de la répression quotidienne dont ces femmes ont fait l’objet, surtout dans les années 1960 et 1970 (alors même que la décriminalisation de l’homosexualité avait officiellement été prononcée dès 1961). On assiste dans les années 80 à l’émergence d’une sous-culture et d’une scène alternative qui font éclater les cadres permettant ainsi de vivre ses amours plus librement et de s’affirmer comme lesbienne.

 
Mariá Takács

 

Mária Takács, née le 14 avril 1973 à Tatabánya (Hongrie), est aujourd’hui réalisatrice. Elle a commencé sa vie professionnelle en tant qu’enseignante en histoire-géographie, métier qu’elle a pratiqué pendant huit ans. À la même période, la jeune femme exerçait déjà des fonctions de chef opératrice. À l’issue d’un cursus de trois ans à l’Université des Arts filmiques et théâtraux de Budapest, elle a obtenu un diplôme de réalisation. Elle entame alors une carrière à la télévision qui durera de 2005 à 2014. Cette expérience lui permet de rencontrer de nombreuses personnalités influentes des milieux culturels et politiques hongrois.
Selon elle, ces opportunités lui auront permis de mesurer l’importance qu’il y a à accorder la parole aux minorités et à faire entendre leurs droits. Peu à peu se sont forgées ses convictions artistiques et politiques. En 2007 elle a créé l’organisation non gouvernementale Civil Works Association dont elle est la Présidente. Cette association défend les droits humains en attachant une attention toute particulière au combat de la communauté gay et transgenre de Hongrie. Alors qu’elle avait déjà réalisé des courts-métrages et fictions pour la télévision, Mária se lance dans un nouveau projet achevé en 2009 :
son film Les Années secrètes. Consacrée aux lesbiennes sous et après le régime socialiste, ce documentaire donne la parole aux femmes réprimées pendant de longues années et porte leurs revendications.
Son travail a été récompensé par de nombreux prix, notamment le Prix Spécial au Festival ERSTE Schtiftung qui a permis de traduire Secret Years en douze langues et d’élargir sa diffusion à l’international.
En 2014, la cinéaste réalise un documentaire intitulé Hot Men Cold Dictatorships qui se penche cette fois sur le combat tant psychologique que politique des hommes gays en Hongrie. Travaillant aujourd’hui en free-lance, Mária Takács est toujours très active dans la défense de la communauté LGBT de son pays.

 

Événement proposé dans le cadre de la conférence internationale
« Homosexualité communiste 1945-1989 »
Organisée à Paris les 2 et 3 février 2017
par Jérôme Bazin, Arthur Clech et Mathieu Lericq

Pour en savoir plus sur la programmation, rendez-vous sur :
eastqueerconference.wordpress.com

 

Billeterie en ligne: http://www.luminor-hoteldeville.com/reserver/

 

Nous espérons vous retrouver nombreuses et nombreux
au cinéma LUMINOR Hôtel de Ville (Paris).
20 rue du Temple – 75004 Paris
Métro Hôtel de Ville : lignes 1 et 11 – Châtelet : lignes 1, 4, 7, 11 et 14 – Les Halles : RER A, B et D.

The June Givanni Pan African Cinema Archive (JGPACA)

Découvrez The June Givanni Pan African Cinema Archive (JGPACA):

 

The June Givanni Pan African Cinema Archive (JGPACA) is a 30 year personal collection of films and film related materials which are used to provide events and information for public engagement with Pan African cinema. June’s vision is to provide resources for artistic and educational knowledge and appreciation of Pan African Cinema. The June Givanni Pan African Cinema Archive (JGPACA) works to bring awareness to the contributions of black people to cinema as a story telling medium through curated programs in association with multi-disciplinary arts and community development principles locally, nationally and internationally.

 

*The term Pan African is an identification that encompasses the peoples of the African continent and all of the African diaspora, where people of African descent can be found.

 

http://www.junegivannifilmarchive.com/

Page Facebook: https://www.facebook.com/June-Givanni-Pan-African-Cinema-A…/

Projection du film « Un autre regard » de Károly Makk par le ciné-club le 7ème genre le 30 janvier au cinéma La Brady (Paris)

Lien: http://www.lebrady.fr/film/182184/

 

 

autreregard

 

Un Autre Regard

Réalisé par Károly Makk
Avec Jadwiga Jankowska-Cieslak,  Grazyna Szapolowska , Jozef Króner

 

Durée : 1h47. – Genre : Drame
Le 30/01/2017 à 20h

Synopsis

 

Malgré la froideur menaçante d’une guerre qui oppose deux blocs idéologiques, une chaleur étrange inspire à deux femmes les sentiments les plus profonds. Entre Éva et Lívia, toutes deux journalistes, s’immiscent des désirs parfaitement légitimes bien que, dans la Hongrie de 1956, juridiquement illégaux. Prises dans ce tourbillon répressif mêlé au rejet social, chacune négocie cette intimité condamnée à travers un engagement éthique plus ou moins affirmé. Face à la violence et à l’exil intérieur, dans la présence politique du sentiment, son évocation laisse planer le pire, faute d’autre chose. Un autre regard conte avec précision et pudeur cette histoire d’homosexualité sous un régime communiste, déplaçant le fardeau du stéréotype par une rage du regard.  Jadwiga Jankowska-Cieslak reçoit le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 1982 pour le rôle d’Éva.

Notre invité : Mathieu Lericq, chercheur à l’Université d’Aix-Marseille

Séance organisée en parallèle du colloque international « Homosexualité communiste (1945-1989) », organisé par Jérôme Bazin,
Arthur Clech et Mathieu Lericq
2-3 février 2017 – Université Paris-Est Créteil CRHEC

 

Cinéma Le Brady

39 Boulevard de Strasbourg

75010 Paris, France

 

 

La nuit des lanceuses d’alerte à la Gaité Lyrique avec Missy Ness, Deena Abdelwahed, Nur, et SkyWalker le samedi 28 janvier de 23h30 à 5h30

Pour illustrer cette nuit des lanceuses d’alerte, la Gaîté Lyrique invite quatre femmes qui ont émergé suite au vent de liberté soulevé par les révolutions des Printemps arabes et qui expriment leur rébellion par le prisme de la musique:

Missy Ness (DJ Set), Deena Abdemwahed (Feat. WAF), Nur (Feat. Nurah Farahat) et SkyWalker (DJ Set)

NUR

NUR

 

SkyWalker

SkyWalker

 

Missy Ness

Missy Ness

 

Deena Abdelwaheb

Deena Abdelwaheb

Plus d’infos: https://gaite-lyrique.net/la-nuit-des-lanceuses-dalerte

« Une Constituante Migrante »: Symposium-performance au Centre Pompidou les 28 et 29 janvier. Proposition d’Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós (le peuple qui manque) avec une cinquantaine d’intervenantEs

Lien: http://www.lepeuplequimanque.org/une-constituante-migrante

Une Constituante migrante

 

Centre Pompidou 
Samedi 28 & Dimanche 29 janvier 2017



Grande salle du Centre Pompidou de 14h à 21h
Entrée libre

 

Dans le cadre du Festival Hors Pistes 2017.

 

Babi Badalov, Me Grant He Grant, 2015, Peinture sur tissu Courtesy galerie Jérôme Poggi, Paris

Babi Badalov, Me Grant He Grant, 2015, Peinture sur tissu
Courtesy galerie Jérôme Poggi, Paris

 

 

Les 28 et 29 janvier 2017, nous nous rassemblons pour l’écriture collective d’une « Constitution Migrante ».
L’assemblée constituante migrante est une communauté négative, qui ne peut, par définition, se constituer, en tant que nation. Elle est l’assemblée de ce peuple qui manque, de ce peuple mineur, éternellement mineur. A partir de cet énoncé paradoxal, « Une Constituante Migrante », que pourrait être une constitution dont le sujet politique migre.

 

Une Constituante dont la mer en serait la terre manquante et dont l’assemblée serait ordonnée par la communauté des disparus, la communauté des vies migrantes et perdues, aujourd’hui en Méditerranée – route la plus mortelle du 21ème siècle – , hier durant la Traite. Sa langue serait la traduction comme nous le soufflent Camille de Toledo et Barbara Cassin. Son histoire serait celle du silence de la mer. Le sujet politique de notre Constituante se définirait à partir des migrances, de nos identités spirales et multi-scalaires, dont le centre de gravité serait celles et ceux qui subissent aujourd’hui le plus cruellement les politiques migratoires.

 

Ce n’est pas la mer ou la frontière que nous avons traversées, c’est les mers et les frontières qui nous ont traversées. Cette assemblée en exil, « qui n’appartient pas », au sens où Derrida dit qu’« une langue, ça n’appartient pas », est appelée à s’infinir, défaisant le lieu de séparation entre son dedans et son dehors. Notre Constituante migrante est en cela l’a-réalisation d’une communauté migrante, son incompossibilité même. Elle cherche, pour autant, délibérément une forme instituante. Si celle-ci s’ouvre, d’abord, par un espace de déposition, de procès-verbal et de jugement, rendre compte de, témoigner de – nous cherchons ici à documenter, à qualifier les responsabilités des vies perdues, s’il s’agit d’ouvrir un débat public et une controverse politique, cette assemblée est aussi une expérience de pensée, une simulation. Chacun des membres de cette assemblée est amené à proposer un article, article qui sera négocié, amendé avant d’être adopté ou rejeté à l’issue de ces deux jours. Trois scribes ressaisiront en direct les propositions d’articles et discussions collectives pour aboutir à un brouillon de la Constitution. Le texte final, ne s’interdit aucun possible linguistique, aucun écart, il est le lieu de nos langues – poétiques, philosophiques, techniques, politiques – et traversé par de multiples migrances linguistiques, par toutes nos langues exilées, superposées en nous-mêmes.

 

Avec Michel Agier / Mehdi Alioua / Nisrine Al Zahre / Kader Attia / Babi Badalov / Marie-Laure Basilien Gainche / Etienne Balibar / Tania Bruguera / Yves Citton / Catherine Coquio / Mahmoud El Hajj / Sylvain George / Charles Heller & Lorenzo Pezzani (Forensic Oceanography) / Marielle Macé / Mathieu Larnaudie / Carpanin Marimoutou / James Noël / Philippe Rekacewicz / Emmanuel Ruben / Dorcy Rugamba / Camille de Toledo / Samy Tchak / Sébastien Thiéry – le P.E.R.O.U. / Camille Louis & Etienne Tassin & Léa Drouet / Laurent de Sutter / Françoise Vergès / Abdourahman Waberi la coordination des sans papiers du 93 / la coordination des sans papiers du 75 – CISPM / Migreurop / RESOME (Réseau Etudes Supérieures et Orientation des Migrant.e.s et Exilé.e.s) / Paris d’Exil – collectif parisien de soutien aux exilés / Réfugiés Bienvenue / et avec le public.

 

Une proposition de Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós / le peuple qui manque
Scénographie : Adel Cersaque

Une Constituante Migrante, Scenographie : Adel Cersaque

Une Constituante Migrante, Scenographie : Adel Cersaque

Joan W. Scott invitée de l’émission La Grande Table sur France Culture le 20 janvier 2017: Podcast à (ré)écouter

Joan Scott fait-elle mauvais genre ?

 

Lien: https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/joan-scott-fait-elle-mauvais-genre

 

Alors que la « Women’s March on Washington » aura lieu demain aux Etats-Unis, nous marcherons de notre côté avec l’historienne américaine Joan Scott.

 

 

Les femmes marcheront demain sur Washington. La « Women’s March on Washington », qui était au départ l’initiative d’une avocate haiwaïenne, est devenue un mouvement mondial : 616 « marches sœurs » seront organisées le 21 janvier, en écho et en réponse à l’investiture du nouveau président américain Donald Trump qui prête serment aujourd’hui. De notre coté, nous marcherons avec Joan Scott, figure du féminisme contemporain et des « gender studies ».

 

« Le département était entièrement masculin et entendait le rester : le directeur écartait les femmes de son séminaire sous prétexte qu’elles pourraient distraire les étudiants masculins – un argument que j’ai retrouvé chez Rousseau ! Il lui a suffi d’apprendre que je parlais le français pour définir mon domaine de recherche : et c’est ainsi que je suis devenue historienne de la France ! » (Revue Vacarme, 2014)

 

Joan Scott « le voile expose une contradiction entre la différence des sexes légitimée par la nature et l’universalisme de l’individu abstrait » (La Grande Table)

 

En première partie, la Grande Table reçoit l’écrivain Hisham Matar pour son dernier roman.

Intervenants

  • Joan Scott : historienne, professeure émérite à la faculté de sciences sociales de l’Institute for Advanced Study de Princeton.

Entretien avec l’unE des autricEs du « Xenofeminist Manifesto » (2015) par Laboria Cuboniks sur C Magazine

xenofeminism

 

« Manifestos are only really prefigurative if you can’t predict who your audience will be. The opposite of a manifesto is a conference paper. The most difficult part of writing these things is keeping questions open, not falling too deeply into old habits (e.g. academic or art world habits). The whole point of writing something like [a manifesto] is to try to reshape the discursive chessboard, at least in some small but structural way, and not just to move the existing pieces around. »

 

A LIRE INTEGRALEMENT ICI: http://cmagazine.com/issues/132/feminisms-of-the-future-now-rethinking-technofeminism-and-the-ma

Séminaire « Something you should know » avec Fan Popo, réalisateur et activiste queer chinois le 25 janvier

Mercredi 25 janvier 2017

De 19h à 21h à la MSH, 16-18 rue Suger 75006 Paris (Métro Odéon ou Saint-Michel)

 

popo fan

 

Entrée Libre. 

 

Il est nécessaire de s’inscrire préalablement : somethingyoushouldknow-request@ehess.fr.
Les portes seront fermées à 19h10.

 

Please register at this address if you wish to attend this event :somethingyoushouldknow-request@ehess.fr  No access without registration. The doors will close at 7.10 pm. 

 

Né en 1985 à Xuzhou, Jiangsu, Fan Popo est un cinéaste, écrivain et activiste queer en Chine, pays où l’homosexualité a été dépénalisée et 1997 et a disparu de la liste des maladies mentales en 2001 mais reste à bien des égards un « douloureux problème ». Etudiant du réalisateur et activiste gay  Cui Zi’en, Fan a obtenu un BA du département d’études filmiques de l’académie de cinéma de Beijing (où il vit et travaille). Deux mois avant son diplôme, il avait publié Happy Together: Complete Record of a Hundred Queer Films (Chunguang Zhaxie: Baibu Tongzhi Dianying Quanjilu, Beifang Wenyi Press, 2007. Tongzhi = « camarade »= LGBT) . Il organise l’itinérance du Beijing Queer Film Festival, qui, depuis 2008, a fait étape dans plus de vingt villes de Chine. Fondé en 2001 par des étudiants de l’université de Pékin, ce festival a joué au « chat et la souris » avec les autorités, se déplaçant et voyageant sans relâche, trouvant asile, un drap en guise d’écran, dans des caves amies, des bars, des ambassades, des autobus. « Une cible mouvante est difficile à atteindre » : les mots de Lucille Ball lui ont servi de leitmotiv. Parmi ses films : New Beijing, New Marriage (2009) co-réalisé avec David Zheng, qui a été filmé le jour de la Saint Valentin et confronte deux couples LGBT avec les passants de la rue Quianmen, touristes ou résidents ; Paper House (2009) ; Chinese Closet (2010) ; Be a Woman (2011) ; Mama Rainbow (2012) confronte six mères venues de différentes régions de Chine et qui parlent de l’orientation sexuelle de leurs enfants gays ou lesbiennes. Le film ayant été retiré et interdit sur les plateformes de téléchargement chinoises en 2014, Fan Popo a engagé une bataille juridique et gagné contre les autorités de censure obtenant qu’il soit réintégré online. Enfin, Papa Rainbow ( 2016).

 

Fan Popo, dont les films ont été montrés à Vancouver, San Francisco, Los Angeles, Bombay, Jakarta, Amsterdam, Berlin, a reçu le Prix Prism du 22ème festival gay et lesbien de Hong Kong, et il a reçu également le Prix de l’inspiration visuelle de l’année à l’ALMA  (Asia LGBT Milestone Awards). 

 

Le 28 janvier, il présente à la Cinémathèque française (dans le cadre de Nouvelles voix du cinéma chinois) The VaChina Monologues (2014 / 30 min) en compagnie d’un film inédit de Ciu Zi’en, Withered in a Blooming Season (2005).

 

[EN] Born in 1985 in Xuzhou, Jiangsu, Fan Popo is a queer independent filmmaker and curator based in Beijing.  He is the author of Happy Together: 100 Queer Films (Beifang Wenyi Press, 2007), and he directs the China Queer Film Festival Tour, which has travelled to over 20 major cities in China since 2008. His documentary works mostly focus on LGBTQ/gender issues and include New Beijing, New Marriage (2009); Paper House (2009); Chinese Closet (2010); Be a Woman(2011); Mama Rainbow (2012); The VaChina Monologues (2014); Papa Rainbow (2016). His films have been shown in film festivals around the world, including Vancouver International Film Festival, Frameline (San Francisco), OUTFEST (Los Angeles), Kashish (Mumbai), Q Film Festival (Jakarta), CinemAsia (Amsterdam), and Asian Hot Shots (Berlin), and he has been a committee member of the Beijing Queer Film Festival since 2009. In 2011, Fan Popo received the Prism Prize of the 22nd Hong Kong Lesbian and Gay Film Festival, and in 2015 he won the award of Visual Inspiration of the year at ALMA (Asia LGBT Milestone Awards).


Fan’s film ‘The VaChina Monologues’ (2014)  is included in the Chinese New Voices festival at the Cinemathèque française on Jan 28, along with Ciu
Z’ien ‘s Withered in a Blooming Season (2005)

 

Programmation et prochains rendez-vous par abonnement à la newsletter :
somethingyoushouldknow-request@ehess.fr

Séminaire conçu et organisé par Patricia Falguières, Elisabeth Lebovici et Natasa Petresin-Bachelez et soutenu par la Fundación Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte.

Vernissage de l’exposition « HERstory – des archives à l’heure des postféminismes » et interventions de Béatrice Cussol, Julien Creuzet et Hélène Delprat le Samedi 21 janvier à Malakoff

HERstory – des archives à l’heure des postféminismes

 

Du 21 janvier au 19 mars 2017
Vernissage samedi 21 janvier à partir de 18h



La maison des arts, centre d’art contemporain de Malakoff, présente du 21 janvier au 19 mars 2017, l’exposition HERstory – des archives à l’heure des postféministes, proposée par  l’historienne d’art et commissaire d’exposition, Julie Crenn et l’artiste, Pascal Lièvre.

HERstory, définie comme une exposition d’archives, fait entendre les voix de féministes, hommes, femmes ou transgenres du monde entier. Au total vingt-six vidéos, parmi lesquels des extraits de conférences, des chansons ou encore des clips militants, récoltées sur internet. À l’étage, plus d’une centaine d’ouvrages transmis généreusement par des éditeurs désireux de participer au projet sont mis à la disposition du public. Ces livres rejoindront à l’issue de l’exposition, le fond d’ouvrages de la Médiathèque de Malakoff. Chaque samedi, les protagonistes de l’exposition Julie Crenn et Pascal Lièvre reçoivent et interviewent des artistes, hommes et femmes, au centre d’art, filmés et diffusés ensuite sur internet. Le public invité à assister aux prises de parole, peut prendre part aux discussions et débats soulevés lors des rencontres. Ce projet, propose d’offrir une plateforme de recherches ouvertes, visant à rendre sensible les différents courants de pensée liés aux féminismes, non comme une somme mais comme un « work in progress » en perpétuel mutation.
vidéos
Chimamanda Ngozi Adichie, Michael Kimmel, Alice Dreger, Cleopatra Kambugu, Starhawk, Kimberlé Williams Crenshaw, Feminist Five, Laboria Cuboniks, Nadya Tolokonnikova, Sampat Pal Devi, Paul B.Preciado, Ye Haiyan, Ai Xiaoming, Julieta Paredes, Martha Sanchez Nestor, Paola Bacchetta, Jessica Yee, Zahra Ali, Raewyn Connell, Mona Eltahawy, Julia Serano, Candida Royalle, Carol Queen, Cordelia Fine, Alban Jacquemart,
Chandra Talpade Mohanty, Silvia Federici, Vincent Guillot, Ochy Curiel, Inter-ACT Youth.
interviews
Malala Andrialavidrazana, Giulia Andreani, Raphael Barontini, Laura Bottereau & Marine Fiquet, Halida Boughriet, Julien Creuzet, Béatrice Cussol, Gaël Davrinche, Hélène Delprat, Edi Dubien, Charlotte El Moussaed, Sylvie Fanchon, Esther Ferrer, Pélagie Gbaguidi, Delphine Gigoux Martin, Katia Kameli, La Cellule (Becquemin& Sagot), Iris Levasseur, Claude Lévêque, Pascal Lièvre,  Myriam Mechita, Annette Messager, Myriam Mihindou, Tania Mouraud, Frédéric Nauczyciel, ORLAN, Jeanne Susplugas, Apolonia Sokol, Agnès Thurnauer, Tsuneko Tanuichi, Erwan Venn, Adrien Vermont, Brigitte Zieger, Amina Zoubir.

 

Note de Julie Crenn et Pascal Lièvre :

 

Les postféminismes ont déconstruit le féminisme traditionnel  qui ne parlait pas des femmes mais de la femme comme une entité spécifique ; il ne rendait pas comptent de la diversité des statuts et des orientations sexuelles des femmes et hommes transgenres et cisgenres  et des personnes intersexes. Partout dans le monde, des féminismes s’affirment. Malgré l’accessibilité de leurs prises de paroles sur Internet leur portée n’est pas complètement effective parce qu’elles ne sont pas toutes traduites. La France accuse un retard considérable sur ces questions. Nous ne pouvons plus attendre. Si l’Histoire était repensée et réécrite selon ce point de vue inclusif,  quels en seraient les récits
? Si l’Histoire de l’Art avait été considérée de manière égalitaire entre les artistes, peu importe leur genre, quels en seraient les récits ? Nous avons choisi de contourner l’Histoire (History) pour en proposer de nouveaux récits, de nouvelles voix et de nouvelles archives : HERstory. Nous, artiste et historienne de l’art, souhaitons nous engager pour rendre visible, faire circuler et archiver les paroles féministes. L’art, territoire supposément inventif, subversif et progressiste, connaît, comme le reste de la société, un retard impossible à négliger. HERstory est espace de réfléxion queer féministe, un espace de paroles, d’échanges et fabrication d’archives.
Un espace où s’entrecroisent les paroles d’hommes et de femmes cisgenres, transgenres et intersexes pour en finir avec la trop simpliste binarité de genres.
En France, les résistances intellectuelles entravent les échos théoriques féministes et provoquent un retard depuis les années 1990. Le féminisme n’a pas bonne presse et les idées reçues perdurent : « on ne se maquille pas, on ne s’épile pas, on est toujours en colère, on a aucun sens de l’humour, on ne met pas de déodorant.» Grâce à Internet, les paroles et les écrits issus des différentes aires géographiques et culturelles sont accessibles, pourtant un problème de langage freine le développement théorique. HERStory se saisit de ce problème par un travail de traduction.
Au rez-de-chaussée du centre d’art, des écrans diffusent en permanence des extraits de conférences et de prises de paroles affirmant une pluralité des féminismes et une volonté de décloisonnement. Chandra Talpade Mohanty (Inde) évoque un féminisme transnational. Cordelia Fine (Canada) réfléchit à ce qu’elle nomme le neuroféminisme. Jessica Yee (Mohawk d’Akwesasne) nous parle d’une pensée féministe autochtone amérindienne. Ye Hayian, Ai Xiaoming et les Feminists Five nous informent de leur lutte pour leurs droits en Chine. Zahra Ali parle des enjeux du féminisme islamique en France et dans le monde. En créant la notion d’intersectionnalité, Kimberlé Williams Crenshaw pense de manière croisée les systèmes d’oppressions de classe, de race et de genre dans l’Amérique contemporaine.
Tous les discours sont traduits en français. À l’étage, les visiteurs ont accès à une bibliothèque féministe dont les ouvrages attestent d’une dynamique et d’un engagement critique global. À la fin de l’exposition, les ouvrages récoltés auprès des maisons d’édition seront confiés à la médiathèque de Malakoff, qui bénéficiera ainsi d’un fonds théorique dont les références proviendront des différents continents. Les vidéos et les livres invitent à élargir le cadre théorique des pensées féministes.
Au fil des jours, des femmes et des hommes artistes se joindront à nous pour discuter non seulement de leurs pratiques artistiques, mais aussi de leur position par rapport au féminisme.
Les échanges seront filmés et diffusés sur Internet. La création d’archives est en cours. HERstory est une invitation à voir, écouter, lire, informer, découvrir, échanger, rencontrer, proposer, débattre, interroger et s’ouvrir aux pensées postféministes. Des pensées extrêmement foisonnantes, qui, de jour en jour, s’étendent, se contredisent, se précisent et s’affinent. Des pensées qu’il est nécessaire de faire circuler pour générer une vision plurielle de nos sociétés.

 

Calendrier des interviews :
SAMEDI 21 JANVIER
14h / Béatrice Cussol
15h / Julien Creuzet
16h / Hélène Delprat

 

SAMEDI 28 JANVIER
14h / Erwan Venn
15h / Malala Andrialavidrazana
16h / Tania Mouraud
17h / Agnès Thurnauer

 

SAMEDI 4 FEVRIER
14h / Halida Boughriet
15h / Sylvie Fanchon
16h / Coraline de Chiara
17h / Giulia Andreani

 

SAMEDI 11 FEVRIER
14h / Pélagie Gbaguidi
15h / Laura Bottereau & Marine Fiquet
16h / Raphael Barontini
17h / Gaël Davrinche

 

SAMEDI 18 FEVRIER
14h / Tsuneko Tanuichi
15h / Frédéric Nauczyciel
16h / Katia Kameli
17h / Amina Zoubir

 

SAMEDI 25 FEVRIER
14h / La Cellule (Becquemin&Sagot)
15h / Charlotte El Moussaed
16h / Edi Dubien
17h / Claude Lévêque

 

SAMEDI 4 MARS
14h / Myriam Mihindou
15h / Myriam Mechita
16h / Esther Ferrer
17h / ORLAN

 

SAMEDI 11 MARS
14h / Adrien Vermont
15h / Brigitte Zieger
16h / Delphine Gigoux Martin
17h / Jeanne Susplugas

 

SAMEDI 18 MARS
14h / Pascal Lièvre
15h / Apolonia Sokol
16h / Annette Messager
17h / Iris Levasseur

Lien: http://maisondesarts.malakoff.fr/agenda/exposition/herstory-des-archives-a-lheure-des-postfeminismes/

Colloque « QUELLE PLACE POUR LES AUTRES ARTS ? » le 28 janvier à La Maison des Métallos

Lien: http://www.maisondesmetallos.paris/2016/12/15/quelles-place-pour-les-autres-arts

QUELLE PLACE POUR LES AUTRES ARTS ?

 

COLLOQUE

À l’initiative de Bintou Dembélé

© Marco Castro

 

Une autre histoire des arts est-elle possible ? Une histoire alternative à celle officielle et enseignée? Cette journée vise à mettre en lumière des arts de résistance(s), souvent qualifiés de « sous-culture » ou d’« arts populaires » considérés comme mineurs. Il s’agira à la fois de réfléchir aux trajectoires historiques singulières de ces arts, aux dialogues possibles entre eux et à leurs devenirs, entre « invisibilisation », institutionnalisation et recherche d’autonomie. Ces questions soulèvent également celle de l’assignation d’artistes à des statuts subalternes.

 

La journée a été conçue par Bintou Dembélé, chorégraphe et danseuse hip hop au sein de la compagnie Rualité – elle a présenté récemment S/T/R/A/T/E/S – Quartet aux Métallos – avec l’aide d’Amélie Le Renard, sociologue au Cnrs.

 

  • 10h → Accueil et introduction

    10h30 → Table ronde
    Des trajectoires historiques complexes, des histoires invisibilisées ?
    Comment les artistes construisent-ils / elles leur propre mémoire des arts et affirment des généalogies alternatives ?
    avec Bintou Dembélé, chorégraphe, Yure Romão, musicien, compositeur, comédien et auteur, membre du collectif Makasa, Leïla Cukierman, ancienne directrice de théâtre à la retraite, Elsa Wolliaston, chorégraphe, Isaac Lartey, capoeiriste
    modérée par Amélie Le Renard, sociologue

     

    12h30 → Performance
    Futur oublié, Eli et Silex

    Ce duo de slam et basse raconte des histoires d’individuEs, d’intimités, de luttes, d’identités et de parcours. La parole scandée dit à la fois les urgences et la nécessaire tendresse, liée à l’acte de se construire.

     

    13h → Déjeuner commun (sur réservation)

     

    14h30 → Table ronde
    Entre invisibilité, institutionnalisation et recherche d’autonomie

    Comment les artistes développent-ils / elles leurs espaces d’expression ? Quelles trajectoires et quelles économies pour leurs productions ?
    avec Eli de Futur oublié, Keïra Maameri, réalisatrice de documentaires, Jean-Baptiste Phou, comédien, dramaturge, metteur en scène et chanteur, Philippe Mourrat, directeur de la Maison des métallos
    modérée par Bintou Dembélé, chorégraphe

     

    17h → Projection-rencontre
    Nos plumes, documentaire de Keïra Maameri

    Nos plumes est un film sur une littérature contemporaine. On la dit urbaine pour définir sa modernité, sa langue traficotée à partir d’une oralité née dans les banlieues. La projection est suivie d’une rencontre avec la réalisatrice et Faïza Guène, romancière.


En collaboration avec